Paticca Samuppâda - La roue de la vie


Après l'Eveil le Bouddha demeure sept jours au pied de l'arbre Bô, la septième nuit il veilla par trois fois, Durant la première veille il revit en esprit la chaîne des Origines interdépendantes dans l'ordre direct et dans l'ordre inverse; il prononça alors la stance suivante:
"En vérité, quand le règne de l'Ordre éternel se dévoile aux ardentes méditations du Brahmane, tous ses doutes sont dissipés, car il a compris l'origine de toutes chose."
A la seconde veille de la nuit, le Bouddha revit encore une fois la chaîne et il prononça la stance suivante:
"En vérité, quand le règne de l'Ordre éternel se dévoile aux ardentes méditations du Brahmane, tous ses doutes sont dissipés, car il a compris la fin de toutes choses."
Pendant la troisième veille, le Bouddha revit encore en esprit la Chaîne, et il prononça la stance suivante:
"En vérité, quand le règne de l'Ordre éternel se dévoile aux ardentes méditations du Brahmane, il repousse les légions du Malin, comme le soleil illumine le ciel."

1) L'ignorance (avijja) est le premier chaînon ou cause de la roue de la vie, elle obscurcit toute compréhension droite, juste.
En dépendance de l'aveuglement se produisent les facteurs d'existence.
Avijjâ paccayâ sankhârâ.
Par l'extinction de l'aveuglement cessent les facteurs d'existence.
Avijjâyati'eva aseva-virâga nirodhâ sankhâra nirodho


2) De cette ignorance (des quatres nobles vérités) naissent les activités volontaires (samkhâra), tant morales qu'immorales.
En dépendance des facteurs d'existence discriminative se produit la connaissance discriminative.
Sankhârâ paccayâ vigngnânam
Par l'extinction des facteurs d'existence cesse la connaissance discriminative.
Sankhâra nirodhâ vinnâna nirodho
Ces activités bonnes ou mauvaises qui ont leur racine dans l'ignorance et qui doivent nécessairement avoir leurs effets propres, tendent à prolonger la course vagabonde dans le samsâra. Cependant, les actions bonnes sont essentielles pour se débarrasser des malheurs su samsâra.


3) Des activités volontaires naît la "conscience de renaissance" (vigngnânâ) qui relie le passé au présent.
En dépendance de la connaissance discriminative se produit l'individualité physio-psychologique.
Vigngnâna paccayâ nâm-rûpam.
Par l'extinction de la connaissance discriminative cesse l'individualité physio-psychologique.
Vinnâna nirodhâ nâma-rûpa nirodho


4) Simultanément à l'éveil de cette conscience de réunion naissent l'esprit et la matière, le mental et le corporel (nâma-rûpa).
En dépendance de l'individualité physio-psychologique se produisent les six bases des sens.
Nâma-rûpa paccayâ salâyatanam.
Par l'extinction de l'individualité physio-psychologique cessent les six bases des sens.
Nâma-rûpa nirodhâ salâyatana nirodho.


5) Les six sens (salâyatana) sont l'inévitable conséquence de la formation du mental et du corporel.
En dépendance des six bases de sens se produit le contact avec les objets des sens.
Salâyatana paccayâ phasso.
Par l'extinction des six bases des sens cesse le contact avec les objets des sens
Salâyatana nirodhâ phassa nirodho.


6) Du fait de ces six sens naît le contact (phassa).
En dépendance du contact avec les objets des sens se produisent les sensations.
Phassa paccayâ vedanâ.
Par l'extinction du contact avec les objets des sens cessent les esnsations.
Phassa nirodhâ vedanâ nirodho.


7) Les contacts déterminent la sensation (vedanâ).
En dépendance des sensations se produit la soif.
Vedanâ paccayâ tanhâ.
Par l'extinction des sensations cesse la soif.
Vedanâ nirodhâ tanhâ nirodho.
Ces cinq: la conscience, l'esprit et la matière, les six sens, le contact, et la sensation sont les effets des actions passées et sont appelés le côté passif de la vie.


8) Des sensations naît le désir (tanhâ), la soif.
En dépendance de la soif se produit l'attachement.
Tanhâ paccayâ upâdânam.
Par l'extinction de la soif cesse l'attachement.
Tanhâ nirodhâ upâdâna nirodho


9) Du désir naît l'attachement (upâdâna).
En dépendance de l'attachement se produit le devenir.
Upâdâna paccayâ bhavo.
Par l'extinction de l'attachement cesse le devenir.
Upâdâna nirodhâ bhâva nirodho.


10) L'attachement cause le karmma (bhava).
En dépendance du devenir se produit la naissance.
Bhâva paccayâ jâti.
Par l'exticntion du devenir cesse la naissance.
Bhâva nirodhâ jâti nirodho.


11) qui conditionne la future naissance (jâti).
En dépendance de la naissance se produisent vieillesse, mort, chagrins, lamentations, peines, douleurs, désespoir.
Jâti paccayâ jarâ-maranam.
Par l'extinction de la naissance cessent vieillesse, mort, chagrins, lamentations, peines, douleurs, désespoir.
Jâti nirodhâ jâra-maranam soka parideva.


12) Enfin, la vieillesse et la mort (jarâ-maranam) sont le résultat naturel de la naissance.
Ainsi s'élève dans le futur cette masse de bonheur.
Sokaparidevadukkha domanass'upâyâsâ sambhavanti. Evam'etassa kevalassa dukkhandassa samudaya hoti'ti.
Ainsi est anéantie cette masse de malheur.
Dukkha domanass'upâyâssa nirujjanti. Evam etassa kevalassa dukkhakkhandassa nirondho hoti'ti.


Réalisation Sombath (1999)